Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 00:33

Comment aborder le thème de l’adolescence ? C’est la question que s’est posée Rebecca Zlotowski avant de réaliser ce film. Nous avons souvent vu des films traitant ce sujet et finalement décevant à cause du stéréotype. Ce film au contraire à su l’exploiter autrement et d’une manière beaucoup moins commune. Prudence, jeune adolescente de 17 ans à perdu sa mère il y a seize jours. Un vide qu’elle n’arrive pas à combler d’autant plus que son père et sa sœur ne vivent plus à la maison. Elle se retrouve donc seule, livrée aux autres au moment où elle aurait le plus besoin de quelqu’un pour la soutenir. Seulement voilà, face à elle-même, elle ne prend pas toujours les bonnes décisions. Prudence arrête l’école et on la prend même à voler à l’étalage. Cet état d’esprit est très bien représenté dans ce film, comme elle, la caméra à l’épaule semble perdue, instable. Elle la suit, mais sans vraiment savoir où elle va.


Finalement Prudence rencontre Marilyne. Comme elle, Marilyne se cherche. Elle court après les garçons pour se prouver qu’elle peut plaire. Mais Prudence apprécie cette jeune fille qui, comme elle, à besoin d’affection. Peut-être qu’au fond, cela la rassure. Est-ce vraiment la bonne solution ? Ou plutôt, est-ce vraiment la bonne personne ? On en doute car à aucun moment Prudence ne semble être plus heureuse. Cette lumière sombre, renforcée par le mauvais temps, nous pèse, nous oppresse. 


Et puis il y a la moto. Réelle passion ou simple façon de s’évader ? En tous cas elle a besoin de sensations, d’adrénaline pour se prouver qu’elle peut encore aimer. Qu’elle est encore capable de vivre ou de supporter cette vie. Et pourquoi cette musique ? Mélange de classique et d’électro. Finalement, toujours placée en concordance qu’elle soit diégétique ou extra-diégétique. Mais ce mélange des genres si particulier traduit surement la confusion du personnage. Divisée entre le besoin d’amour et celui de crier.


Ce film nous montre à sa façon l’adolescence de Prudence, délaissée de sa famille. Il nous délivre de tous tabous. Sexe, musique et  désinvolture, telle est la vie de Prudence.



DIAZ Victoria, Saint-Quentin BELLE EPINE

 

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Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 03:35

Chaque château de sable se bâtit sur la terre d'une île, sur la terre d'un pays, sur la terre d'une famille. Loin des seaux et râteaux, En commence sa propre vie. Le temps s'écoule, le passé s'égraine. Il plonge. Pour grandir, il fouille dans les fondations. Elles retiennent une belle façade : une famille aimante, la fierté d'une mère dévouée, l'attention pour une grand-mère malade. Derrière le soleil éblouissant se cache une ombre, qui au fil du temps s'agrandit. Les grains colorés se dévoilent, Boo Junfeng réalise une histoire intimiste, avec des questions universelles, sinon existentielles. Le récit de racines, de coutumes, de tabous, parmi différentes générations, installées à Singapour, où l'histoire et la politique s'entremêlent. La poursuite de ce but se confirme avec un jeu admirable et sincère de l'acteur amateur Joshua Tan, ainsi qu'un leitmotiv parsemé au cours de l'œuvre. Ces différentes facettes ne font qu'un : lui. Un être pour le moment sombre, qui se cache derrière ce qu'il croit connaître, mais qui affronte enfin les fortes lumières bien éloignées des fines lueurs de son enfance. La recherche débute, d'abord en se confrontant à la réalité de ce qui l'entoure. Un pays au peuple composé de nombreux récalcitrants, comme les jeunes étudiants des années passées qu'étaient ses parents. Depuis, son père reste absent, qu'est-il survenu ? La jeunesse respecte alors des coutumes mais aussi cherche son affirmation. Les devoirs civiques à respecter, comme l'armée que les pères ont combattue. Mais dans quel sable mettons-nous les pieds ? N'est-ce pas le schéma de ma famille que je reproduis ? Ont-ils toujours fait les bons choix ? Comment exister alors que tous sont là, et que peu a changé ? Simplement, ne faut-il pas reculer pour avancer ? Plusieurs questions, plusieurs réponses, mais peut-être que l'existence et l'unicité n'existent pas, non sans sens pour la vie, mais justement exister pour la quête d'un idéal, exister pour soi, pour les autres, pour l'histoire, pour l'homme. Exister alors pour la terre d'une île, pour la terre d'un pays, pour la terre d'une famille.

Chaque château de sable dégage son propre horizon.



Marie CHARLIER, Lycée Henri Martin, Saint-Quentin

 

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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 15:07

 

1962. George ( Colin Firth ) subit le deuil de son compagnon Jim ( Matthew Goode ), décédé récemment dans un accident de voiture. Professeur à l'université, entre deux visites chez son amie et ancienne maitresse Charlotte ( Julianne Moore ) il planifie son futur suicide, jusqu'à ce qu'un étudiant tente de familiariser avec lui.
 
Tom Ford, ancien designer de chez Gucci et homosexuel revendiqué, a choisi pour son premier film d'adapter une nouvelle de Christopher Isherwood, déjà transposé au cinéma notamment au travers du Cabaret de Bob Fosse en 1972. Le moins qu'on puisse dire est que la mise en scène de Ford ne fait pas dans la sobriété : ralentis, grain censé refléter l'époque, gros plans, voix-off très présente, A Single Man joue énormément sur l'iconisation du corps de Colin Firth, filmé avec un amour très " gay " par le réalisateur. Néanmoins, si la forme du film joue clairement sur un désir du corps masculin, il serait assez injuste de réduire A Single Man au stade de film militant homo. En effet, l'homosexualité n'est pas le moteur principal du film, qui comme l'a déclaré Ford pourrait traiter assez similairement d'un deuil hétérosexuel. Bon point pour l'œuvre, la difficulté pour les homosexuels à vivre leur amour face aux conventions sociales, thème archi-rebattu, n'apparait pratiquement pas ; qui plus est, les difficultés éprouvées par George n'apparaissent pas lors de la relation avec Jim, mais après la mort de celui-ci, le secret empêchant George de faire son deuil au grand jour.
 
Le grand point fort du film est évidemment le charisme exceptionnel de Colin Firth dans le rôle principal. George apparait comme un personnage complexe, à la fois triste et lucide, désabusé mais conscient, ne se départant jamais d'un flegme so british comme dans la scène désopilante  il explique à l'un de ses étudiants avoir arrêté la drogue après que celle-ci l'ait conduit à se raser un sourcil. A Single Man parvient à caractériser très intelligemment son personnage, en arrivant à éviter les pièges attendus : la dramatisation exacerbée ( George est d'un rare stoïcisme et d'une grande sobriété dans sa détresse ), le coté aigri-mais-gentil-au-fond ( il continue à traiter les gens dignement ) ou encore la froideur. Les limites de l'œuvre apparaissent ailleurs.
 
Le style visuel, d'abord, a été l'objet de nombreuses attaques par la critique française, considérant le film comme un film de couturier. En effet, la sophistication extrême de l'esthétique fait que Tom Ford tend un peu le bâton pour se faire battre. Cependant, l'esthétique n'est pas esthétisante en soi : voir George habillé comme une gravure de mode, déambuler dans des décors luxueux, enfermé dans sa solitude, réussit parfois à émouvoir le spectateur. Le problème étant que cette émotion n'est pas toujours trouvée et que A Single Man ne cesse d'alterner passages esthétisants et moments plus réussis ou l'émotion afflue. Il est donc difficile de rejoindre les détracteurs ou les adorateurs du film sur ce point étant donné que le rendu est mitigé, mais il est permis d'espérer que par la suite, Tom Ford parviendra à se débarasser de certains effets superflus pour mettre à nue la vérité émotionelle qu'il parvient ici à révéler occasionellement.
 
A Single Man a été parfois considéré comme un In the mood for love du pauvre, sa principale caractéristique commune avec le film de Wong Kar-Wai résidant dans la proximité du score de Shigeru Umebayashi. Ce rapprochement peut sembler discutable : In the mood for love est un film à la mise en scène extrêmement maitrisée, très consciemment déréalisé mais assez avare en grands moments et peinant à trouver l'émotion. A Single Man, de manière inverse, est victime de petites fautes de gout concernant son filmage mais emporte le morceau par sa puissance dramatique, en dépit du peu de pathos dégagé. Si Ford est moins talentueux que Wong Kar-Wai, son absence de retenue rend son film plus humain et donc plus émouvant.
 
En ce qui concerne les seconds rôles, le bilan est plus mitigé que pour la performance de Firth. Matthew Goode, dans le rôle de l'ancien partenaire de George, et Jon Kortajarena dans celui d'un prostitué mexicain s'en sortent bien dans des rôles limités. Julianne Moore, dans celui de Charlotte, est assez fausse et énervante, mais cette caractéristique correspond assez à un personnage toujours en représentation. Mais Nicholas Hoult, jouant un étudiant fasciné par son professeur, est totalement réduit au stade de minet et n'a jamais le charisme suffisant pour faire vivre son personnage, déjà assez mal écrit et peu ciné génique.
 
Parmi les critiques faites au film, l'aseptisation du personnage principal par rapport à celui du roman d'Isherwood à fait grincer quelques dents. Plutôt que de recréer un énième débat autour de la notion de fidélité d'une adaptation, devrait se poser la question de la pertinence des changements opérés. Ici, dans une période ou le cinéma et la télévision ont abreuvés les spectateurs de personnages cyniques, tristes, cassants et cultivés, on peut apprécier le fait que le film de Tom Ford rejette cette caractérisation devenue un vrai cliché pour présenter un personnage plus ambigu. Ainsi George n'est pas un personnage hautain, dédaigneux ou moralisateur, il cherche au contraire avec passion à inculquer des idées libérales à ses élèves. Si l'étudiant Kenny éprouve une telle fascination pour son professeur, c'est aussi parce que celui-ci est doté d'une très forte dimension humaniste. Le discours de George, construit comme traitant de la politique et de la religion comme si il évoquait sa propre sexualité, est celui d'un personnage dont la tristesse n'a pas encore détruit les idéaux. Ainsi A Single Man évite de mettre le spectateur à distance d'un film qui par ses partis-pris esthétiques refuse toute distanciation. Et si le scénario, dans lequel toute l'histoire, développée sur un laps de temps de seulement une journée, voit certaines rencontres réalisées par George se rapprocher de l'artifice, ce défaut ainsi que ceux évoqués ici et là dans cet article ne devraient pas faire oublier que A Single Man, bien qu'imparfait, demeure un premier film réussi d'un cinéaste à suivre.

 

 

Martin

 

 

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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 00:10
Après avoir réalisé le polar Memories of murder, grand prix au festival de Cognac de 2003, et le film de monstres The Host en 2006, le réalisateur coréen Bong Joon-Ho a signé avec Mother son quatrième film, confirmant son auteur comme un des plus grands cinéastes coréens actuels, et l'un des plus importants metteurs en scène apparus durant la décennie 2000.
 
Mother raconte l'histoire de Do-Joon, handicapé mental ( Bin Won ), et de sa mère ( Kim Hye-Ja ) qui, après avoir découvert que son fils est accusé d'avoir tué une lycéenne, enquêtera seule pour le faire libérer.
 
Si l'intrigue de Mother peut faire penser à un mélodrame tire-larmes et sentimentalisme, il n'en est heureusement rien tant le style de Bong Joon-Ho, composé de ruptures de ton permanentes, d'humour absurde et de mélange des genres, empèche Mother de tomber dans le pathos et la complaisance. Mother partage un certain nombre de points communs thématiques avec Memories of murder : handicapé mental, incompétence de la police, meurtre non résolu ou encore cette dimension sociale transparaissant occasionellement, sans jamais que Bong Joon-Ho ne la surligne excessivement. Ce doute envers les institutions ( politiques, policières ou juridiques ), auxquelles Bong donne souvent une dimension grotesque, pourrait apparaitre comme l'émanation d'une forme de cynisme si il n'était pas le reflet d'une certaine réalité sud-coréenne. D'autant plus que comme dans ses précédents films, Bong Joon-Ho parvient de justesse à ne jamais réduire ses personnages à l'état de simples caricatures, y compris les seconds rôles. Le traitement de Do-Joon est quand à lui aux antipodes de celui auquel nous sommes habitués en France : Bong ne craint jamais de faire rire de l'infortune de son héros, de son absence de lucidité ou même de ses pulsions sexuelles. En celà Mother pourrait presque être le cousin coréen des films des frères Farrelly, autres amoureux des paumés et crétins en tout genre. Cependant, le fait d'utiliser Do-joon principalement comme ressort comique trouve ses limites au sein du drame policier qu'est Mother et confine parfois à la facilité. Problème qu'on retrouve également avec les habituelles ruptures de ton du cinéaste, ici pas toujours heureusement conjuguées avec les bifurcations scénaristiques du film : certaines scènes semblent ici de trop, comme si pour la première fois Bong cherchait le décalage pour le décalage. On perd ainsi parfois le fil de l'enquête, là ou les fausses pistes de Memories of murder étaient bien mieux intégrées au récit. De même, la mise en scène de Bong, qui oscille entre naturalisme et passages plus délirants d'inspiration manga ( le tabassage des deux lycéens, le karaoké, la poursuite des golfeurs ) ne semble pas toujours aussi adaptée à l'histoire que dans ses films précédents, quand bien même elle tire vers le haut les scènes les plus réussies du film ( la " révélation " du fils en prison, le flashback de fin ).
 
A l'instar de la mise en scène, le scénario de Mother alterne l'excellent et le bancal. Pour le meilleur, il parvient à développer avec brio ses personnages, à installer une relation mère-fils extrèmement touchante, à créer un vrai sentiment de perte de repères et à ne jamais tomber ni dans des excès larmoyants, ni dans une retenue froide. Pour le moins bon, en plus des ramifications plus ou moins utiles déja mentionnées, on trouve des retournements de situation faisant office de grosses facilités scénaristiques et un twist de fin qui, si il évite une certaine dimension " tout ça pour ça " dont est friand un Park Chan-Wook ( autre réalisateur coréen " culte " et par ailleurs ami de Bong ), reste hautement discutable du point de vue de l'histoire. Cependant, ce twist tout sauf cynique donne en contrepartie une grande puissance émotionelle aux dix dernières minutes du film, encore décuplée par la force du jeu des acteurs. Acteurs qui demeurent d'ailleurs l'une des plus grandes qualités de Mother : si l'on ne retrouve pas l'immense Song Kang-Ho qui brillait dans Memories of Murder et The Host, Bin Won est habité par son rôle d'handicapé ; dans celui de son ami ambigu Jin-Tae, Ku Jin impose une présence troublante et charnelle. Mais la grande révélation de Mother reste Kim Hye-Ja, dont le jeu à fleur de peau, entre détermination et vulnérabilité, donne une grande part de sa force poignante au film.
 
En dépit de ses défauts, Mother emporte largement le morceau. Après une année 2009 ou plusieurs cinéastes asiatiques importants avaient livré des oeuvres qui, sans être honteuses, n'étaient pas à la hauteur du talent de leurs metteurs en scène ( Vengeance, Tokyo Sonata, Ponyo sur la falaise ), il est rafraichissant de constater que Bong Joon-Ho, faute d'avoir égalé les réussites de Memories of Murder et de The Host, a livré une oeuvre riche, drôle et touchante, confirmant ainsi son talent et sa régularité, là ou les autres espoirs du cinéma de genre coréen ont soit sombré dans des ratages ( Park Chan-Wook après Old Boy, Kwak Kyung-Taek après Champion ), soit disparu ( Jang Jun-Hwan, auteur de l'intéressant Save The Green Planet en 2003 ).

Martin.


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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 02:57

Dernier né de Guy Ritchie, réalisateur –entre autres – du très critiqué Snatch et du trop méconnu Revolver, on peut dire que ce Sherlock Holmes était attendu au tournant, et à juste titre.

Tout d’abord parce que sieur Ritchie s’attaque à un mythe. Le personnage de Sherlock Holmes étant connu dans le monde entier comme l’incarnation du flegme et de la douce folie anglaise.
Ensuite pour son casting, un Robert Downey Junior en forme olympique depuis Iron Man, un Jude Law en second rôle de luxe, une Rachel Mac Adams trop rare et un Mark Strong en grand méchant magicien.
Et surtout, une grosse production de studio, avec un budget très confortable de 90 millions de dollars, une campagne de pub qui pourrait presque se vanter d’égaler celle d’Avatar.

Il aurait donc été assez malvenu pour notre cher ex-mari de Madonna de se planter.


Fort heureusement, ce n’est absolument pas le cas !

 

Pour commencer, et un des points les plus frappants de cette adaptation, c’est le soin apporté à l’univers de Sherlock Holmes. Guy Ritchie a très bien saisi l’ambiance du Londres Victorien, où les carrosses côtoient les bateaux à vapeur, symboles d’une ville hésitant encore entre l’obscurantisme et le progrès. Les plans larges sur la ville, multiples et magnifiques, nous plongent dans un univers à la limite du steam-punk, et donne une densité visuelle incroyable à l’univers du plus célèbre détective de Londres.

 

Viennent ensuite les acteurs, et le moins qu’on puisse dire c’est que le casting est une réussite. Robert Jr incarne un Sherlock Holmes parfaitement crédible, son jeu assez fin incarnant à merveille la retenue naturelle du personnage. Souvent drôle, et parfois même attendrissant dans sa relation avec Watson, monsieur Downey Junior nous prouve encore une fois qu’il a encore de la ressource en dehors de son armure d’homme de fer. Vient ensuite Watson, incarné par Jude Law, parfaite incarnation du flegme anglais, capable d’envoyer un bourre pif comme d’autres vous serreraient la main. Mais surtout, le petit plus qui fait que le spectateur se prend tout de suite au jeu, c’est la synergie entre les Holmes et Watson. Les dialogues entre ces 2 personnages sont de petites perles d’humour, une sorte de jeu de ping-pong constant regorgeant de répliques aussi cinglantes que savoureuses.
Les seconds rôles sont plus effacés, on regrette par exemple que le personnage d’Irene Adler, incarné par Rachel Mac Adams soit si peu développé une fois sa scène d’introduction passée. De même, Lord Blackwood parait un petit peu fade et trop cantonné à son rôle de grand méchant quelque peu interchangeable.

 

Venons en tout de même à l’essentiel dans un bon blockbuster, les scènes d’action. Et Guy Ritchie nous a clairement gâté. Très rythmé (sans atteindre la folie furieuse d’un Snatch au rythme quasi épileptique), bardé de scènes d’action et baston réjouissantes (bien que manquant parfois d’un peu de clarté), on prend tout de suite plaisir à voir nos deux compères distribuer des beignes à tous les hommes de main du grand méchant magicien, et dieu sait qu’ils sont nombreux ! C’est bien simple, on a l’impression qu’au moins les trois-quarts du film sont constitués de séquences de castagne en tout genre ! Mais ne vous y trompez pas, Guy Ritchie utilise habilement les outils à sa disposition pour fluidifier le tout et surtout éviter les répétitions. Sherlock Holmes ne se bat pas qu’avec ses bras, il se bat évidemment avec sa tête, ce qui est joliment mis en scène à quelques reprises.

Enfin, le scénario. Alors oui, le scénario est au final assez bateau. Grand méchant blabla, conquérir le monde, asservir, tuer blabla… On connait. Mais c’est sans compter le style très marqué de sieur Ritchie, adepte des scénarios à tiroir totalement tordus, et qui a ici trouvé son personnage. Le côté vain qu’on avait reproché à ses précédentes réalisations est ici aspiré par le personnage de Sherlock Holmes, dont la principale caractéristique, à savoir sa capacité de déduction hors du commun, permet de maintenir un rythme effréné à une intrigue pourtant assez fade. Le tic de scénariste consistant à surmultiplier les twists est donc incarné uniquement par les fantastiques analyses de Holmes, et confèrent à l’histoire une logique qui manquait parfois aux précédentes réalisations de Guy.

Pour conclure, et pour achever les derniers sceptiques, ce Sherlock Holmes est un excellent film d’action, qui sait se démarquer de la concurrence tant par sa réalisation, son esthétique que son humour typiquement anglais. Les personnes n’ayant pas aimé Snatch ou Arnaques, Crime et Botanique peuvent se rassurer, la sauce servie ici est bien différente, et Guy Ritchie a su garder le meilleur de ses compétences pour satisfaire le spectateur.

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