Belle Epine - Rebecca Zlotowski

Publié le par Cyprien Dignoire

Comment aborder le thème de l’adolescence ? C’est la question que s’est posée Rebecca Zlotowski avant de réaliser ce film. Nous avons souvent vu des films traitant ce sujet et finalement décevant à cause du stéréotype. Ce film au contraire à su l’exploiter autrement et d’une manière beaucoup moins commune. Prudence, jeune adolescente de 17 ans à perdu sa mère il y a seize jours. Un vide qu’elle n’arrive pas à combler d’autant plus que son père et sa sœur ne vivent plus à la maison. Elle se retrouve donc seule, livrée aux autres au moment où elle aurait le plus besoin de quelqu’un pour la soutenir. Seulement voilà, face à elle-même, elle ne prend pas toujours les bonnes décisions. Prudence arrête l’école et on la prend même à voler à l’étalage. Cet état d’esprit est très bien représenté dans ce film, comme elle, la caméra à l’épaule semble perdue, instable. Elle la suit, mais sans vraiment savoir où elle va.


Finalement Prudence rencontre Marilyne. Comme elle, Marilyne se cherche. Elle court après les garçons pour se prouver qu’elle peut plaire. Mais Prudence apprécie cette jeune fille qui, comme elle, à besoin d’affection. Peut-être qu’au fond, cela la rassure. Est-ce vraiment la bonne solution ? Ou plutôt, est-ce vraiment la bonne personne ? On en doute car à aucun moment Prudence ne semble être plus heureuse. Cette lumière sombre, renforcée par le mauvais temps, nous pèse, nous oppresse. 


Et puis il y a la moto. Réelle passion ou simple façon de s’évader ? En tous cas elle a besoin de sensations, d’adrénaline pour se prouver qu’elle peut encore aimer. Qu’elle est encore capable de vivre ou de supporter cette vie. Et pourquoi cette musique ? Mélange de classique et d’électro. Finalement, toujours placée en concordance qu’elle soit diégétique ou extra-diégétique. Mais ce mélange des genres si particulier traduit surement la confusion du personnage. Divisée entre le besoin d’amour et celui de crier.


Ce film nous montre à sa façon l’adolescence de Prudence, délaissée de sa famille. Il nous délivre de tous tabous. Sexe, musique et  désinvolture, telle est la vie de Prudence.



DIAZ Victoria, Saint-Quentin BELLE EPINE

 

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